Villa Fogazzaro

16 May 2018 | By Annalisa De Maria in Parco San Marco

Surplombant le côté italien du lac de Lugano, la Villa Fogazzaro Roi incarne ce lieu de paix et d’inspiration où l’écrivain Antonio Fogazzaro a passé de longues périodes de sa vie. Les lieux évoquent encore les descriptions d’Un petit monde d’autrefois : c’est dans ces pièces, entre les montagnes de Valsolda, que se déplacent et vivent les personnages de son roman. Ils passent de la petite  terrasse, transformée par le héros Franco Maironi en « poème lyrique de la maison », au petit jardin  dont l’osmanthe fragrante  « disait dans un coin le pouvoir des choses gentilles sur l’esprit ardent et impétueux du poète ». Ils vont de la galerie étroite qu’ils « appelaient loggia peut-être parce qu’elle l’avait été autrefois  » au hangar à bateaux où la petite Ombretta  trouve une mort tragique.

Au XIXe siècle, la villa fut la propriété des Barrera, famille de la mère de l’écrivain. L’édifice a été bâti sur une construction préexistante du XVIe siècle et conserve encore aujourd’hui le jardin original de l’époque.

villa fogazzaro

Travaux de restauration

La demeure présente des traits caractéristiques du dix-neuvième siècle, à la fois dans le style général et dans les proportions réduites des pièces. La petite taille des pièces s’explique sans doute également par l’emplacement de l’édifice, adossé à une colline, face au lac. Bien que très restaurés, les motifs décoratifs peints al fresco dans deux pièces, la Loggia et le Salon, ont survécu et présentent des motifs en médaillons et guirlandes végétales datant du début du XIXe siècle. Grâce aux travaux réalisés dans les années 1950 et 1960 par le dernier propriétaire, Giuseppe Roi (arrière petit-fils de Fogazzaro), le premier et le deuxième étage ont été modifiés de façon à aménager de nouvelles salles de bains et de nouvelles chambres pour accueillir les nombreux invités.

L’arrangement visible aujourd’hui est également le fruit de l’intervention raffinée et méticuleuse de Giuseppe Roi qui a disposé, à côté du noyau constitué par les objets d’origine (tels que ceux qui sont exposés dans le bureau et dans la chambre à coucher de Fogazzaro), des meubles et autres objets provenant d’autres demeures fogazzariennes et familiales, et complété les collections existantes avec de nouvelles pièces trouvées sur le marché.

Les traces de Fogazzaro

Grâce aux soins diligents de Giuseppe Roi, toutes sortes de souvenirs de l’écrivain ont été conservés et mis en valeur, depuis ses objets personnels (comme ses boutons de manchette) jusqu’au manuscrit de Miranda et à la table près de laquelle Antonio s’est fait photographier sur la terrasse avec son fils Mariano, mort jeune du typhus. À lui sont dédiés les mots déchirants gravés par Fogazzaro dans le tiroir de son bureau dans le Studio: « Mariano, Mariano, mon Mariano ! Loin de toute vanité, de toute passion je rassemble mon cœur en Dieu et en toi ».

villa fogazzaro scalinata

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